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De la pratique de la démocratie au PS en particulier et dans l’Hexagone d’une manière générale

9 mars 2011 par Frank DARCEL | Print De la pratique de la démocratie au PS en particulier et dans l’Hexagone d’une manière générale

De cette affaire qui secoue le  Parti Socialiste à propos de la gestion de la fédération des Bouches-du-Rhône, tenue par le sénateur « et » président du conseil général Jean-Noël Guérini, il y a beaucoup à dire. On peut remarquer en premier lieu, comme le relève le site rue 89, que le ralliement de ladite fédération à telle ou telle candidature ou motion, a tellement de poids dans le fonctionnement interne du PS au niveau national, qu’on préfère en haut lieu fermer les yeux sur les agissements au niveau du département incriminé.
Le site rue 89 compare ces fédérations locales à des féodalités, citant au passage d’autres seigneurs provinciaux du PS, et cumulards avérés, tels Francisque Coulomb, sénateur maire de Lyon. On peut également se souvenir des atermoiements de la direction nationale du PS lors des affaires Frêche, une sorte de realpolitik prenant alors le pas  sur les principes moraux les plus élémentaires. Il faut dire que lé fédération de Hérault pèse aussi son poids lors de primaires éventuelles… En termes de cumuls et de potentats locaux, on n’oubliera pas que Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l’assemblée nationale, est député et maire de Nantes. Et président de l’agglomération nantaise !  Ni qu’Edmond Hervé, dont les équipes ont dirigé la ville de Rennes pendant 31 ans (des durées au pouvoir dignes de gouvernements exotiques), a été tour à tour, en parallèle, secrétaire d’état à la santé, député, mais également président de la Métropole rennaise. À l’âge ou d’autres, après avoir tant servi la « république », auraient songé à prendre leur retraite, Edmond Hervé est devenu sénateur. Il fréquente donc dans ce cénacle Jean-Noël Guérini et Francisque Coulomb entre autres, ces seigneurs de provinces lointaines, montés comme lui à Paris en grandes pompes,  le temps d’un débat crucial certainement pour l’avenir du pays.

À croire que tous ces politiciens professionnels, maîtres chez eux et adoubés par la capitale, sont des surhommes pour parvenir à faire tant de choses à la fois. Et qu’ils sont si bons dans cet exercice du pouvoir à vie que le peuple de France ne peut décidément se passer d’eux. On peut imaginer aussi, sans être extrêmement pervers, que la soupe doit être bonne sous les ors de cette république…

On notera au final que ce PS ne fonctionne pas autrement que le pays de manière générale, c’est-à-dire de façon ultra centralisée, mais dépendante paradoxalement de petits arrangements locaux. Tout cela fait que la démocratie au niveau local est totalement confisquée et ne peut faire remonter le moindre oxygène jusqu’au cœur du système, c’est-à-dire Paris. La France est au bord de l’asphyxie car au lieu de disposer d’un véritable pouvoir législatif au niveau des régions, ou au moins d’une forte autonomie, à l’image de la plupart des pays européens qui nous entourent, notre système est corseté à la base dans des départements qui ont peu de pouvoir de décision (le vrai pouvoir appartient aux Préfets) et des régions aux trop faibles budgets. Autant d’échelons qui sont tous aux mains des deux grands partis nationaux, du fait d’un mode de scrutin qui fait des autres formations de résignés faire-valoir, comme dans une élection haïtienne. Une organisation où les postes administratifs dans ces régions sont distribués en fonction des appartenances politiques et ou le recasement des battus est systématique, à droite comme à gauche, le tout n’étant pas très éloigné d’un bon vieux système communiste. Un système qui rapporte gros à l’UMP et au PS, puisque maintenant chaque voix rapporte « en plus » de l’argent de manière directe…

L’ensemble est orchestré par un pouvoir central qui s’appuie sur ces « arrangements » locaux et la possibilité de distribuer lui aussi prébendes et postes de replis ou de consolation, encore mieux payés qu’en province…, pour que l’édifice puisse tenir. Et que ces gens puissent rester entre eux. Ainsi, la « noblesse d’État » et ses déclinaisons féodales imaginent avoir encore de beaux jours devant elles. Pas si sûr…

Pas sûr non, parce que si on continue dans l’Hexagone d’entrer en politique comme autrefois on entrait dans les ordres ou à l’armée, c’est-à-dire pour faire carrière, la qualité et la pertinence du débat au niveau national ne va pas aller en s’améliorant.

Et pendant que dans les les autres pays européens on pratique la dévolution ici, le fédéralisme là, on limite les mandats dans le temps et par le nombre, ceci permettant d’élire des parlements locaux directement comptables de leur pouvoir et de leurs actions auprès des populations concernées, la France elle, ne bouge pas. Reste sur son organisation globalement vieille de plus de deux siècles…  Avec ses hommes et femmes politiques pros…

Pourtant, cette manière ouverte et proche des citoyens d’imaginer la démocratie, inspirée du fédéralisme, liée à une professionnalisation minimale de la fonction politique, la  France ferait bien, une fois pour toute, de s’en inspirer. Car la gestion du territoire par les deux grands partis et des institutions périmées ressemble de plus en plus  à un jeu de dupe. Un “qui perd gagne” qui pourrait très bien convenir au final à la dame blonde. La fille du gars d’origine bretonne.

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1 commentaires sur cet article

  1. le goff christian a dit :

    excellente analyse de la situation catastrophique de l’institution républicaine et de la dérive féodaliste du régime . un fédéralisme éclairé et dépouillé des oripeaux du népotisme peut-etre envisagé ! c’est en tout cas une voie à étudier d’urgence sinon le fn l’emportera inévitablement ! la nouvelle gauche a peut-etre un avenir loin des salons parisiens et des pretoires aux ordres ! amitiés républikaines

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