DENIS EST PARTI
Jacno est mort dans la nuit de jeudi à vendredi la semaine dernière.
Je me souviens que c’est en voyant des photos de Stinky Toys sur une revue qui s’appelait Rocks, alors que je travaillais mes examens de médecine, que je décidai d’insister un peu à la guitare. Décidai que je n’étais peut-être pas si mauvais. En tous les cas, en regardant Jacno et Elli sur ces photos, je savais qu’ils étaient dans le vrai. Il fallait que moi aussi j’aille dans le vrai.
Deux ans plus tard, en 1978, on a fait avec Marquis de Sade la première partie des Toys à la Cité. C’est Etienne qui organisait ce concert, Etienne qui ne chantait pas encore. On avait à peine parlé aux Stinky Toys, nous n’étions pas très connus alors mais on voulait marquer notre territoire. Et on avait accepté à reculons de passer en première partie. Je ne me souviens même pas que nous ayons vu leur concert. Je me souviens seulement qu’Elli était malade, et je les avais trouvés plutôt très classe malgré tout. Et froids. Comme nous.
Au Midem, début 1980, la planète moderne s’était réchauffée. Denis avait démarré sa carrière solo aux synthés et cela marchait du feu de dieu pour lui. J’aimais d’ailleurs beaucoup ce disque, et la chanson d’Elli qui clôturait le mini LP, « Anne cherchait l’amour ». A Cannes on s’est pris une mega cuite (on me voit ici d’abord vérifier que la bouteille n’est pas vide…) et on est devenus copains dans les années qui ont suivi, en passant par l’amitié que nous portions tous les deux à Guillaume Israël, chanteur de Modern Guy.
Denis est venu plus souvent à Rennes, faisant escale avant de rejoindre la villa qu’il avait à l’époque à Perros-Guirec, et j’ai découvert un des mecs les plus drôles qu’il m’ait jamais été donné de rencontrer. Entendons-nous bien, pas du genre à raconter des blagues. Drôle dans le maintien, dans l’art du contrepied. Drôle dans l’ensemble. Drôle et un peu cynique aussi. Ou désabusé plutôt. Un peu tout ça.
En 1981 il avait produit Mythomane d’Etienne, disque sur lequel je tenais la guitare. Cela se passait au studio de la porte d’Auteuil. On déjeunait et dinait dans une brasserie voisine où Denis se nourrissait presque exclusivement de fromage et de bière. Il n’en restait pas moins extrêmement élégant.
On a continué de se croiser de temps à autres dans des soirées rennaises ou parisiennes, jusqu’à la fin des années 1980. Et puis je l’ai un peu perdu de vue, mais j’avais toujours des nouvelles par des amis communs. Il me surnommait parait-il le Darcelien, ça me va comme surnom.
Même si on s’est peu croisé ces dernières années, il va manquer. Il était d’une essence rare. Le plus élégant des jeunes gens modernes sans aucun doute.

1 décembre 2009 à 12:20
la mort c’est de la merde!
12 janvier 2010 à 11:52
alors elle était où cette villa à Perros-Guirec? moi qui suis de la Côte! toujours netendu parler de cà mais jamais ultimement vérifié….. ce qui est sûr c’est que ladite Côte résonne encore d’anecdotes de cuite anthologiques de Jacno au St Méen à St Quay Perros!!!!