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JÉRÔME

30 octobre 2008 par Frank DARCEL | Print JÉRÔME

Avec Jérôme, tout avait mal commencé, et on ne peut pas dire que cela se soit bien terminé. La fréquentation, lointaine ou chargée d’animosité au début, de cet étonnant personnage, est née de mes premières expériences musicales à Rennes.

En 1976, après avoir été collé à ma première année de médecine, je travaille durant le mois juillet à la marbrerie Lousse à Plessala histoire de me faire un peu d’argent de poche. A la même époque, je tombe dans Ouest France sur l’annonce d’un certain Christian Trottoux qui cherche un guitariste pour monter un groupe de rock sur Rennes. Christian joue de la basse. Nous nous parlons et décidons de tenter l’affaire, étant à peu près synchrones en ce qui concerne nos gouts musicaux. Il a un batteur qui habite une maison rue de Chateaugiron et éventuellement un deuxième guitariste, Jacques Duval, dit Johnny, qui lui habite près du Stade Rennais.

N’ayant pas encore l’âge de passer le permis de conduire, je me rends à Rennes en mobylette tous les weekends de ce mois de juillet très ensoleillé. Caniculaire si je me souviens bien. Avec ma guitare sur le dos, on compose un chouette équipage pétaradant dans la campagne bretonne.

La maison de la rue Chateaugiron est au poil pour les répétitions. La mère du batteur est super sympa et elle descend en maillot de bains à la cave pour nous apporter des menthes à l’eau et des gâteaux. Nous sommes des genres de “lauréats” boutonneux mais nous ne jouons pas de Simon and Garfunkel, plutôt des trucs du Velvet, des Stones ou des Stooges; des titres où il n’y a pas trop d’accords et où les paroles sont simples à repiquer. Christian chante et roule sa basse, le batteur tape de travers, Johnny, quand il vient, amène son savoir faire de bluesman. Je suis le truc avec conviction mais ne me sens pas très doué.

A la rentrée, on décide de changer de batteur. Je fais la connaissance de Pierre Thomas par le biais d’un collègue de fac, Pierre Briend. Pierre Thomas joue de la batterie tout en apprenant la podo-orthésie; il loge au foyer des jeunes travailleurs de la rue Monseigneur Mouezy, mais peut avoir un plan de local répé au foyer des jeunes travailleurs du Boulevard Marboeuf. Une aubaine. Parce que trouver un local de répétition à Rennes était alors aussi difficile qu’aujourd’hui.

C’est donc dans le sous-sol de ce foyer que nous ferons nos premières répétitions avec ce qui sera plus tard la section rythmique de la première phase de Marquis de Sade. Le groupe s’appelle Gang Rennes (cool!), et on écoute les disques que Christian ramène de Londres, à savoir les Flamin’groovies (je sais, ils sont yankees…), Eddy and the hot rods, en plus, en ce qui me concerne, des classico “berlin” ou “aladin sane” et d’un anachronique (pour l’époque…) retour vers Bob Dylan, que j’écoute en cachette chez ma fiancée de Pont Aven.

On sent pourtant que quelque chose d’autre est en train de se préparer au nord de la Bretagne. Christian a vu des groupes “différents” lors de récentes ses virées Londoniennes, comme les 101 ers, premier groupe de Joe Strummer, il a aussi entendu parler des Sex Pistols, sans savoir comment ils sonnent, mais comme certains d’entre nous épient la BBC, la bonne parole se précise.

Et on sent que l’urgence qui sourdre depuis Albion va foutre le bazar dans l’ordonnance de nos gouts et préférences en cette fin d’adolescence, va permettre la rupture salvatrice. Et mettre les sons et les couleurs en accord avec nos chamboulements hormonaux. On n’a pas encore bien compris quel rôle on pourrait jouer de ce coté du channel, à quels codes il faudrait se soumettre, lesquels il faudra inventer pour que tout devienne un peu plus excitant… Mais avec ce vent nouveau, on aura peut-être notre chance… Parce que sinon, avec notre niveau faiblard en guitare, on est bons pour jouer dans des caves de foyers de jeunes travailleurs toute notre vie, retournant aux études en parallèle… Et nous serons contraint de garder toute cette nervosité rentrée: pas bon… Avec Christian, on a l’impression d’avoir quelque chose à dire, d’être différents.

Comme on n’a pas encore bien digéré la nouvelle donne musicale, on commence par assimiler les codes vestimentaires. Et comme d’autres l’ont fait en Angleterre avant moi, je me coupe les cheveux court, balance mes chemises rayées et mes pattes d’eph. Après avoir revu Taxi Driver, je me rase les cotés du crâne. D’autres fois, je rase tout, et me demande de plus en plus ce que je fais à la fac de médecine entouré de tous ces poilus finalement over conventionnels…

Cette photo pré-révolution culturelle, prise au fameux foyer des jeunes travailleurs, est certainement une des dernières où l’on me voit avec des cheveux mi-longs…

Quand les premiers accords pistoliens bombardent enfin, le groupe évolue: Pierre Briend, qui a tenu momentanément le manche de la deuxième guitare est poussé vers la sortie; il faut dire qu’il a passé son temps à essayer de nous refiler les arpèges de Stairway to Heaven ou à tenter du picking à la con. De plus, il n’éprouve aucune émotion particulière pour le souffle qui nous arrive du nord. La sanction est logique.

Moi, plus que les Sex Pistols, j’ai pris les Clash en pleine figure. On s’est tous retrouvés d’ailleurs un midi chez Jean Pierre Ghez pour la première écoute de “1977″. Le téléphone arabe avait fonctionné, pas de MP3 balancé par mail à l’époque, pas de portable. Il fallait ouvrir grandes les oreilles: “Jean-Pierre Ghez a le single des Clash !”

Christian, qui continue d’aller à Londres régulièrement, ramène en priorité maintenant tout ce qui concerne les Stranglers. Il pense d’ailleurs que plutôt qu’un deuxième guitariste, c’est surtout d’un clavier dont nous avons besoin.

Dans un premier temps, on n’en trouve pas. On embauche alors le fameux Jean-Pierre Ghez à la six cordes. Jean-Pierre est un des personnages importants du mouvement punk rennais, ou plus exactement un pilier la mouvance qui s’est appropriée le punk à Rennes dès la fin 1976. Dans son appartement de la rue Saint-Michel, se trouve une des plus belles collections de vinyles pré punk et punk rock de la ville. Ce lieu est une plaque tournante pour les idées et les riffs farfelus, mais on aura l’occasion d’y revenir.

Avec Jean-Pierre, ce sont aussi des figures notables de la rock attitude rennaise qui se joignent à notre bande. Le grand Billy Rosenzweig, alias « grand Rocky » (Trottoux récupérant alors le grade de « petit Rocky»), Starfucker, le frisé rondouillard et débonnaire, ainsi que Kopek, un des premiers authentiques punks rennais. Tous trois sont depuis décédés, dans de moches circonstances dont deux suicides. “Vivre vite” comme dirait l’autre.

C’est également à cette époque que les sieurs Jérôme Bourdin et Jean-Marie Gallet se pointent à nos répés. Les fiancées qui les accompagnent sont très jolies, y’a pas à dire. Mais ces nouveaux amis de Christian sont en fait membres du Front de la Jeunesse, un groupuscule d’extrême droite. Les voila d’ailleurs au micro et à leur droite (sur la photo!), c’est le sémillant Jean Pierre Ghez.

Quand ils passent nous voir au foyer, ils demandent à chanter en fin de répé “street fighting man” des Stones, ou “sympathy for the devil”, puisqu’ils ont scotché apparemment sur Beggar’s banquet. En petit comité, je n’y vois pas d’inconvénient, et j’en profite d’ailleurs pour prendre des photos (c’est fou ce que j’ai pu prendre ou récupérer comme photo au cours de ma vie, sporadiquement et sans jamais m’intéresser à l’art photographique, ça se voit, mais j’ai maintenant des caisses d’archives assez drôles). Les gars du Front de la Jeunesse ont d’ailleurs aussi leur groupe, qui s’appelle «omega», mais vu leurs orientations politiques, ils ont forcément du mal à trouver des concerts. On ne les a jamais vus sur scène. Je ne pense pas qu’ils répétaient beaucoup de toutes les manières…

A l’époque, on ne les a pas encore vus non plus barrer l’accès des restaurants universitaires, à une vingtaine avec leurs casques marqués de la croix celtique. On ne sait pas en fait de quoi ils sont capables. On les accueille parce qu’ils aiment bien Christian, ils ont des santiags et des cheveux mi longs, des blousons de cuir classieux, l’air à peu près normal quoi…Moi je débarque fraîchement de Loudéac, je ne vois pas très bien ce que peut être le Front de la Jeunesse, mais cela sonne mieux en tous les cas que l’Occiput de la Vieillesse, pour le reste…

Je n’ai pas revu Jérôme pendant quelques temps après cette période “répés au foyer des jeunes travailleurs”, je n’allais pas traîner au Club, rue d’Antrain, QG du groupuscule d’extrême droite fan des Stones, mais plutôt rue de Saint-Malo.

Avec Ghez, on ne fait qu’un concert, à l’époque le groupe ne s’appelle plus Gang Rennes, mais Night Society, c’est un peu ridicule mais qui n’est pas passé par ce genre de noms-là ??!… Il faut dire que la nuit, on connaît bien, et même s’il n’y a pas grand-chose à foutre à Rennes en 1976, cette Nuit, on la triture, on la réinvente, dans des salles d’arts et essais où je découvre les premiers Wim Wenders et les anciens Antonioni, dans des appartements où l’on discute jusqu’au petit jour du “loup des steppes”. Dans les Cités U de filles où l’on perfectionne notre éducation sexuelle.

Avec quelques amis de fac, au nombre desquels les Lorientais Le Pendeven et Le Pavec, fans de Wenders également (bon, moi j’ai décroché très tôt ensuite, après Nick’s movie en fait), on projette un voyage en voiture dans les “pays de l’est”. Cet autre coté du mur nous fascine. Mais le projet restera finalement lettre morte.

Pour en revenir à cet unique concert avec Jean-Pierre Ghez, il a eu lieu à Dinan, dans la patrie du batteur Pierre Thomas, en première partie de “factory” je crois. Ghez n’arrête pas de parler avant et après le concert, il est drôle mais a un trac d’enfer, contagieux.

On le vire rapidement et dans la foulée on est pris en trio pour notre première « première partie » à la Cité. Sans Jean-Pierre Ghez à nos cotés, je n’ai même pas le trac. On enchaîne cinq ou six chansons pour laisser la place à un groupe de rock français qui a rempli la salle et dont j’ai oublié le nom.

A ce moment là, mes études de médecine sont suivies de manière de moins en moins assidue parce qu’en plus de jouer dans un groupe, je suis redoublant, j’ai donc déjà la plupart des cours. La nuit j’emmagasine toujours, pellicules et livres et, bien que punk convaincu sur le terrain musical, je fais une fixation sur Kerouac et Miller dont j’avale l’œuvre dans mon appartement de Villejean, attendant le jour pour m’endormir et persuadé que la seule aventure qui mérite d’être vécue est de parcourir cette foutue planète dans tous les sens. Je suis un punk beatnik en fait.

Le lendemain de cette première partie à la Cité où j’ai chanté une partie des titres, dont “waiting for my man”, je me pointe au restau U avec mon blouson militaire, mon futal slim et ma coupe à la con. De plus en plus à part au milieu des étudiants normaux ou post hippies. Dans l’escalier qui mène à l’étage, un étudiant dit à l’autre : “j’ai été voir le concert de ( ?) à la Cité hier soir. La première partie était pourrie, et le guitariste vraiment mauvais.”

Je mets mes mains sur mes tempes pour qu’on ne me reconnaisse pas. C’est décidé, je ne mettrai plus un pied à la fac si on continue à dire du mal de moi…

Nous sommes maintenant au printemps 1977, et il est temps de changer de nom, d’abandonner les “gang rennes” ou “night society” comme d’encombrantes exuvies.

Christian se dit que dans le trip un peu phalo qui semble être celui des Stranglers, le nom de Marquis de Sade pourrait bien sonner. Adieu vat, comme dirait PPDA.

Le Marquis de Sade naissant se professionnalise et les cheveux repoussent un peu… Nous trouvons, par l’intermédiaire de Christian toujours, une ferme du coté de Bréal sous Montfort, et le camion de Patrick Lotton, notre manager-roadie-chauffeur, nous y emmène deux fois par semaine, brinquebalant. Dans la ferme, il fait froid et humide en général, mais la maison est à nous, seuls les hangars sont encore en fonction et servent à garer les machines agricoles du voisin.

Patrick Lotton, notre premier manageur, et Jacques Lousse, photographe officiel et chargé de la propagande.

En route pour a gloire ! Dans la baraque semi abandonnée où l’électricité nous lâche à l’envi, on fait la photo de nos premières affiches sous le nom de Marquis de Sade. Avec cette affiche, on marque des points par rapport à tous les autres groupes locaux. Les gens la trouvent « classe », les gens nous trouvent un peu « différents », mais il est clair qu’on ne sait toujours pas vraiment jouer…

répé à Bréal, de droite à gauche, Christian, Pierre Thomas et moi.

Arrive l’été 77. Je suis passé en deuxième année de médecine à la surprise générale et je me dis que je vais peut-être réussir finalement à tout mener de front. L’idée est de valider mon entrée en troisième année parce que cela permettrait d’avoir équivalence d’un diplôme infirmier (à l’époque c’était comme ça) et je me vois bien infirmier de temps à autres, entre deux expériences musicales (c’est fou ce que je garde l’esprit pratique…), peut-être parce que Christian est brancardier à Pontchaillou et je me dis qu’on pourra parler musique et programmer la prochaine répé tout en piquant et déplaçant des malades.

On trouve au début de l’été un clavier en la personne d’Alain Pottier, qui fréquente le Club mais sans penchant politique particulier. Alain est fan des Doors et, pour Christian, l’analogie Doors/ Stranglers coule de source.

Pendant les vacances, je me fais embaucher aux PTT, pour trois mois, de nuit, à la plateforme paquets de Chantepie. Travailler la nuit donne quelques privilèges, comme d’avoir ensuite pas mal de jours libres d’affilée. Idéal pour répéter, d’autant qu’avec mes salaires je vais pouvoir me payer mon premier Marshall. En dehors de cela, je m’entends très bien avec mes collègues de boulot et ce travail nocturne est un excellent souvenir. A l’époque je préfère vraiment dormir le jour.

En aout on passe plusieurs Weekends à répéter à quatre dans le garage de la maison familiale à Plessala, on peut dire qu’on commence à savoir jouer un peu. A la rentrée, c’est la première partie des Damned à la Halle des Lices. Christian, qui a de la suite dans les idées, a demandé à Philippe Pascal, aperçu avec son groupe dans un mini festival près de Montfort, de venir nous voir jouer; je fais donc connaissance avec Philippe ce soir là ainsi qu’avec son frère Pierre. Ils ont assisté au concert mais ne font pas de commentaires. Il n’est pas encore question que Philippe rejoigne MDS, mais Christian lui a demandé de réfléchir, lui-même ne se sentant plus suffisamment en voix.

MDS en première partie

des Damned

Je reprendrai la genèse de MDS dans un prochain billet mais il faut en revenir à Jérôme puisque nos rapports avec sa clique vont se tendre à ce moment là. Alors que Marquis de Sade a commencé de se faire un petit nom localement, le Front de la Jeunesse s’illustre lui dans le blocage ou l’attaque des restaurants universitaires. Avec la ligue communiste, dont on croise quelques membres rue de Saint-Malo, ils ont pris l’habitude de se taper dessus; C’est un peu folklorique sans doute mais parfois il semble que ça cogne vraiment dur.

Peu de temps avant la première partie des Damned, les frontistes sont d’ailleurs passés nous voir à un concert donné à la maison de quartier de Villejean. A une vingtaine cette fois, et avec les casques estampillés à la main, pour faire chouette.

Ils posent leurs casques en rang sur le rebord de la scène et les jeunes du quartier se barrent. Devant une salle quasi vide d’autochtones, on se coltine donc au finale le pénible « street fighting man » avec les inévitables Jérôme Bourdin et Jean-Marie Gallet sur scène.

Pour moi, cela commence à bien faire. Non pas que je sois un gauchiste naturel mais je n’ai pas envie de nous faire pourrir tous nos concerts de la sorte. Ces relations de Christian (amicales et non politiques, je précise… Christian votait d’ailleurs communiste…) deviennent de plus en plus encombrantes. Et puis d’où leur vient cette idée de monter sur scène comme si nous étions leur support band ???

Il va être temps de marquer notre territoire !

A SUIVRE

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20 commentaires sur cet article

  1. Marina a dit :

    Très intéressant de connaître la genèse de Marquis de Sade et très marrant de voir des photos de Christian et Pierre avec leurs petites tronches d’ado ! mais quel coup de vieux ça fait prendre !
    amicalement

  2. Benoît Debelloir a dit :

    Je me rappelle d’avoir vu Frank, Christian et Jacques (ce dernier était lycéen comme moi à Robidou et nous avait invité) en répétition dans le garage de la rue de Chateaugiron. Christian était un ancien de Robidou et il faisait sensation quand il venait au lycée avec ses boucles d’oreilles, ses t-shirts troués et ses cheveux en pétard… En bons lycéens fans de musique, on sortait au Club et rue de Saint-Malo, on allait voir les rares concerts de la salle de la Cité. Marquis de Sade, on en avait entendu parler, certains de mes copains les avait vu dans une scène ouverte de la salle de la Cité et les avaient rebaptisés “Marquis de Crade” (!!!…)… Je les avait ratés en première partie des Damned. Je ne connaissais pas cette relation avec la bande de Jérôme Bourdin, ça explique sans doute que MDS à ses débuts était plus ou moins assimilé à la frange “politisée” de la clientèle du Club…

  3. Benjamin K a dit :

    Ca fait plaisir de te revoir à l’ouvrage !
    Bonne continuation !

  4. Yann a dit :

    Aaaargh , 1976 , Juillet , c’est a ce moment la que j’suis né … !
    @+
    Yann

  5. gilles le guen a dit :

    wow! ca se lit sans faim. merci pour cette tranche d”Histoire. allez je sors la capitale. emu en ce jour des morts ou nouvel an celtique. depend d’où on regarde….
    phew! ouais mec, un groupe de rock, c’est ca! tirer des plans, foubir ses armes…..

    pour des nouvelles campagnes. tiens nous au courant pour l’assaut final. merci! g

  6. gilles le guen a dit :

    mais qu’est ce que je branlais à Guingamp??? de retour du Nord en 1974, mon père avait failli trouver du boulot à Rennes… qui était de surcroît la ville de ma famille maternelle. c’est mon plus grand regret!!!! shit! g

  7. Graziella a dit :

    Je vais m’acheter un pot géant de Q10 et je reviens lire, parce que là, c’est plus du flash-back, c’est back vers le no-future, faut assurer dis moi!!!!je t’embrasse au passage (si tu le permets bien sûr!!!)

  8. Frank DARCEL a dit :

    ça fait plaisir de te voir là Graziella.
    Grosses bises

  9. agnès a dit :

    bah… avant de décarrer dans le sud, con, j’en apprend des vertes et des pppppunkattitudes sous tes lignes, Frank ! snif ! c révolu, dévolu ou ça évolue tjs chez toi ?
    Bah… là où les petites histoires font les grandes rives d’hier , on boit du ptit lait à te lire..et on t’espère à donf auj et 2m1 !
    kiss & rythm
    LCDD

  10. Jean-Louis a dit :

    Super ton blog que de souvenirs
    le concert de la mjc la paillette de 77
    avec les damned sous les lices
    celui de la salle des fetes du pouliguen
    le dernier concert de l’espace
    catherine sylvie le club le chatam toute une époque

  11. Venn a dit :

    1977-84

    La première fois que j’ai vu un punk, c’était à la galerie marchande de l’Alma à Rennes en 1977, au rayon porcelaine. Ils étaient deux, un gars, une fille. Les cheveux du garçon était bleu et celle de la fille vert ; portaient jeans, épingle et costard. Destroy ! Je n’ai pas été spécialement touché par leurs aspects mais c’est le culot de ce promener ainsi qui m’a fasciné, comme de montré son cul dans la rue. Une façon de dire merde en silence. J’avais 10 ans.

    Entre 1979 et 1981 c’est par Bernard Lenoire et son émission Feed-back que j’ai découvert kraftwerk, les stranglers, les clash, Joy division, New order et le label Factory de Manchester, Cure mais aussi police, madness et les specials. le début des frissons…

    1981, la gauche, la culture pour tous.

    1983, premier concert -les Stranglers- la semaine de la mort de tino Rossi. JJ burnel, le bassiste, traduisait au public les propos du chanteur, nous traitant de bouseux bretons attardés. Bagarre générale, première baffe.

    L’impact du groupe Marquis de Sade m’as plongé dans le militantisme punk/wave. La scène Rennaise : Complot Bronswick, End of data, Octobre, SAx Pustuls, les Kalachnickoff, Ubik, splassh m’ont donnés, par le biais de concerts énergiques et puissants, envie de devenir moi même.
    Par la suite c’est un camarade de fac de mon frère - Gilles Leguen- http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewpro
    qui m’a fait découvrir Tuxedomoon, Minimal compact, Mecano (les belges!), les tueur de la lune de miel, marc hollander et le label Crammed disc, cabaret voltaire, bauhaus, souxie sioux en the banshees, les cocteau twins, dead can dance et le label 4ad. Mais aussi Einstürzende Neubauten, Test department, Charles degoal, Ptose, le goût pour la musique bruyante et expérimentale.

    C’est lui aussi qui m’emmenas à “la mèche bleu”, une nuit de novembre 1983 pour voir Marc seberg en concert. Perdu entre St brieuc et Loudéac, en plein centre Bretagne, jouxtant la forêt de Quintin. “la mèche bleu” était la salle d’un restaurant/banquet/mariage/routiers. Le fils du patron, étudiant aux Beaux-Arts, avait ouvert ce club pour faire des fêtes entre camarades, la recette à tellement fonctionné qu’il a ouvert boutique et installé enseigne lumineuse ; bleue apparaissant dans la nuit, un choc !
    Dead can dance y fit un de leurs premier concert en 1982. A l’entrée, il était écrit “tenue correct exigé”, un punk tenait le guichet. C’est là que je vis hervé Chauvin-Charlot se mettre nu et se couvrir de bombe de peinture alu, bleu, jeune vert. Une armée de Freaks de toute la bretagne se donnaient rendez-vous les week-end. Nous faisions Rennes/Quintin aller/retour dans la nuit pour pogoter joyeusement et brutalement sur D.A.F., Spizzenergi, TC matic, Orchestre Rouge, les Virgins Prunes. A Lannion il y avait les furieux de Franz Kulture et les Kramés, leurs hymmes “Ouest france” ou “hénaff salaud les porcs auront ta peau” me mettais en trans.

    A ce propos, il y avait les Transmusicales à Rennes où je fis mon éducation ( c’est aussi aux Trans que j’ai été à ma première Rave party en 1992 mais ceci est une autre histoire). Il y avait aussi le Be-bop un club rock, le chewing gum route de St malo et pleins d’associations qui organisaient moulte concert à la salle de la cité. J’ai pu voir de nombreux groupes dont, en vrac : kas product, Tanit, killing joke, front 242, die form, D.D.A.A. (déficit des années antérieurs) les kitschs zigue zigue sputnick, jad wio, les lords of the new church, blurt, les cramps… j’en oublie, plus tard, ce fût la salle Ubu et sa carte d’adhérent. Il y avait aussi Rock’n solex, sur le campus universitaire, 24 heures de rock et de solex, un délire!

    C’est aussi Gilles qui me fit découvrir les premiers albums de Serge Gainsbourg.

    En 1984 j’avais 17 ans.

    2007, Mireille Mathieu chante la Marseillaise place de la Concorde.

  12. Graziella a dit :

    Moi je dis rien je suis trop jeune pour avoir connu cette époque …mouahahahahaha
    Oui Franck je suis contente aussi de te lire, de te croiser par ci par là!!!
    Et je me souviens d’un coup d’un de vos concerts à Lyon, vous étiez “différents”, vous étiez beaux comme des statues grecques, vous me faisiez un peu peur…et nous sommes là debout et ça vibre et ça se souvient et les souvenirs sont si jolis …

  13. michel a dit :

    Merci pour ces pages émouvantes.
    j’ai mal connu MDS. mais en 83, vers 16 ans, je jouais des reprises du velvet et de joy div avec un groupe dans le finistère nord ( st pol) au milieu des champs…et MSD nous donnait de l’espoir…
    on essayait de jouer de la guitare comm MDS et le velvet…
    puis on est allé à rennes monter un petit groupe E-Go, infulencé par les smtihs et happy mondays ( un peu trop et ça s’est fini…après un petit passage chez Lenoir, France inter..

  14. Christophe a dit :

    J’ai une question à vous poser Frank:
    y a t-il eu dans le passé une VHS sortie dans le commerce concernant MDS ?
    Ca fait mal en tant que fan de toujours de ne pas avoir plus que quelques vidéos publiées sur youtube !!!

  15. Christophe a dit :

    je souhaite également vous poser une autre question:
    Les 2 CD se MDS étant epuisés, savez-vous si il y aura prochainement un nouveau pressage ?

  16. Frank a dit :

    Bonjour Christophe, et désolé pour la réponse tardive…
    il n’existe pas de VHS de MDS, il y a eu un clip tourné pour Walls mais il n’a jamais été exploité, et bizarement on le trouve aussi sur UTUBE maintenant… Par contre un des titres enregistrés pour l’émission Chorus est sur un “best of” Chorus sorti récemment (DVD).
    Pour ce qui est de l’exploitation des Cds de MDS, je n’arrive pas à suivre… Nous avions un label bien mystérieux à l’époque… Et il l’est toujours !
    Bon Week-end
    Frank

  17. antoine a dit :

    Tu as le bonjour de Moriniere,il fait du jazz je crois mais juste pour le fun.

  18. Christophe a dit :

    Bonjour Frank,
    merci pour votre réponse. J’ai depuis trouvé plusieurs vidéos sur le site de l’INA (http://boutique.ina.fr) dont un extrait de concert téléchargeable de 16 minutes datant de 1979, pour 2.99 euros.
    Pour les CDs, on peut encore en trouver quelques exemplaires (occasion bien sûr) sur ebay ou autres sites du même genre.
    Donc pour l’instant tout n’est pas perdu… même si pour les vidéos présentes uniquement sur youtube,
    la qualité au niveau de la définition est pas géniale.
    merci encore à vous.

  19. Larsen Soto a dit :

    Super bien écris ton histoire artistique. Pleins pleins de belles choses dans tout ca (amour pour la musique et en particulier le rock…). Il y a un film (rien à voir avec ton histoire bien sûr!) Désordre de Assayas qui reflète bien l’ambiance de ces années là (que je n’ai pas connu…because j’étais dans mon transat !). Non..Non tu écris drôlement bien.! Une écriture profonde, sensible…
    En attendant la suite pleins, pleins de bonnes choses….

    Soto

  20. Frank DARCEL a dit :

    merci Soto pour ton commentaire !

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